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L’Acadie

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Les Acadiens sont présents en Nouvelle-Écosse depuis plus de 400 ans. Voyez comment, malgré l’adversité et l’isolement, ils ont réussi à maintenir un espace francophone dans la province.

Avant l’arrivée des premiers colons européens, les Mi’kmaq, les Malécites, les Abénaquis et les Iroquois occupaient le territoire.

1492 – Christophe Colomb atteint le Nouveau Monde et réclame ce territoire au nom du roi d’Espagne.

1497 – L’explorateur Jean Cabot débarque sur l’île du Cap-Breton et prend possession de ce territoire pour l’Angleterre. Les cartographes de l’époque témoignent en effet d’une découverte anglaise, car ils nomment le Cap-Breton « Terres des Bretons »… que nous appelons maintenant Anglais.

1502 – Des pêcheurs anglais écoulaient des cargaisons de morue pêchée sur les Grands Bancs à Rouen en France. Deux ans plus tard, des pêcheurs français étaient impliqués dans la pêche sur les Grands Bancs. En renouvelant leurs provisions en eau potable et en bois, les pêcheurs faisaient la traite avec les peuples autochtones du littoral atlantique.

1592 – Environ 100 ans après le voyage de Colomb, c’est au tour des Français d’arriver dans la région, qu’ils nomment Acadie, soit « terre fertile ». Au printemps de l’année 1605, à la suite d’un hiver terrible sur l’île Sainte-Croix, les Français établissent un poste de traite des fourrures baptisé Port Royal. À partir de cet établissement se développe une importante colonie française, l’Acadie.

1607 – Les Anglais fondent à Jamestown, en Virginie, leur premier établissement permanent en Amérique. Par la suite, les Anglais arrachent New Amsterdam (qu’ils rebaptisent New York) aux Néerlandais et multiplient les établissements en Nouvelle-Angleterre, ce qui ne manque pas d’inquiéter les Français qui, entre temps, ont entrepris de coloniser la vallée du Saint-Laurent. Les Français craignent que les Anglais interceptent leurs navires en route vers Québec et Montréal.

1713 – Le roi Louis XIV de France ordonne la construction d’un énorme fort sur l’île du Cap-Breton pour protéger l’Acadie et l’accès au fleuve Saint-Laurent. La Forteresse de Louisbourg sera la plus importante place forte en Amérique du Nord ! Par contre, ce n’est qu’en 1719 que l’on choisit Louisbourg comme site de la nouvelle forteresse. La construction des fortifications tirait à sa fin à la veille de l’attaque de 1745 par des troupes de la Nouvelle-Angleterre.

1745 – La Grande-Bretagne et la France entrent en guerre et les combats s’étendent au Nouveau Monde. Les colons de la Nouvelle Angleterre, déterminés à chasser les Français de l’Amérique du Nord, s’emparent de la Forteresse de Louisbourg, ce qui donne aux Britanniques le contrôle absolu de la côte de l’Atlantique, mais pas pour longtemps. En effet, le traité négocié à la fin de la guerre cède Louisbourg à la France.

1749 – Les Britanniques envoient 2000 colons et soldats pour fonder la ville d’Halifax. Sur la plus haute colline de la ville, ils amorcent la construction d’une imposante citadelle.

1753 – Les Anglais renforcent leur position en invitant 2000 colons protestants originaires de l’Allemagne, de la France et de la Suisse à s’installer en Nouvelle-Écosse. Ces nouveaux arrivants fondent la ville de Lunenburg, sur la côte de l’Atlantique, au sud de Halifax. Lunenburg deviendra un grand port de pêche et un important site de construction navale. La légendaire goélette Bluenose a été construite à Lunenburg.

1755 – Les Français contrôlent le Cap-Breton grâce à la Forteresse de Louisbourg. De leur côté, les Anglais possèdent la péninsule qu’ils ont baptisé Nouvelle-Écosse. Cependant, la majorité des habitants de cette nouvelle colonie britannique sont des Acadiens de langue française, établis ici depuis plus d’un siècle. Une situation qui inquiète les Anglais : si une autre guerre éclatait, les Acadiens se rangeront-ils du côté de la France? Quant à eux, les Acadiens (des catholiques) se demandent si les Britanniques (des protestants) vont garantir leur liberté religieuse. C’est dans ce contexte que survient une véritable tragédie. À l’automne 1755, les autorités britanniques ordonnent la déportation des Acadiens vers les 13 colonies américaines. Au total, quelque 10000 Acadiens sont déportés entre 1755 et 1763. Le Grand Dérangement est sans contredit l’événement fondateur de l’identité acadienne. Bientôt, une autre guerre éclate entre l’Angleterre et la France.

1758 – Les Anglais s’emparent à nouveau de Louisbourg, qu’ils détruisent. L’année suivante, ils s’emparent de la ville de Québec. La Nouvelle-France et l’Acadie font désormais partie de l’empire britannique. Après la conquête, les autorités britanniques autorisent les Acadiens à revenir au pays. Mais au lendemain de la Déportation, des colons originaires de la Nouvelle-Angleterre se sont établis sur les terres fertiles jusqu’alors occupées par les Acadiens. Ces derniers n’ont d’autre choix que de se disperser dans des zones isolées où des terres sont disponibles. Ces terres étant souvent peu fertiles, plusieurs fermiers acadiens se font pêcheurs.

1800 – Présent – De nouveaux villages acadiens voient le jour, surtout le long des côtes. De nos jours, les principales communautés acadiennes de la Nouvelle-Écosse se trouvent dans les régions où se sont établis les Acadiens à la suite du Grand Dérangement : Argyle (Par-en-Bas), Clare (Baie-Sainte-Marie), Chéticamp, l’Isle Madame, Sydney et Pomquet, sans oublier la région métropolitaine d’Halifax et la Vallée-de-l’Annapolis.

Malgré les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur route, les Acadiens ont réussi à reconstruire un espace francophone en Nouvelle-Écosse. De nos jours, la province compte environ 37000 personnes de langue maternelle française, soit près de 4% de sa population. Les francophones forment plus de 15% de la population dans quatre des dix-huit comtés de la Nouvelle-Écosse. La Loi sur les services en français, adoptée en 2004, est venue confirmer les nombreux gains que les Acadiens et francophones de la Nouvelle-Écosse ont réalisés au fil des ans.

Les francophones travaillent en grand nombre dans l’industrie de la pêche et le secteur de la transformation. Ils sont aussi nombreux dans le secteur des services publics. Les entrepreneurs forment 8% de la main-d’œuvre francophone, soit 1550 propriétaires d’entreprises. Plusieurs régions acadiennes misent aujourd’hui sur le tourisme. En plus des visiteurs du mode entier attirés par la beauté exceptionnelle de certains paysages, ces régions accueillent les descendants des Acadiens déportés vivant aujourd’hui partout dans le monde – notamment en Louisiane (les Cajuns) – et qui viennent en grand nombre découvrir leurs racines. L’année 2005, qui marquait le 250e anniversaire du Grand Dérangement, a d’ailleurs donné lieu à l’inauguration d’un tout nouveau centre d’interprétation à Grand-Pré.

En 2004, les célébrations et les commémorations du 400e anniversaire de l’Acadie et le Congrès mondial acadien ont contribué au regain de fierté, à l’épanouissement et au développement des communautés acadiennes et francophones de la province. Chaque année, des centaines d’activités culturelles célèbrent le riche patrimoine de l’Acadie !